jeudi 14 avril 2011

LE SIDA

Le sida, acronyme de syndrome de l'immunodéficience acquise, est une maladie infectieuse que la majorité de la communauté scientifique suppose être causée par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Cette maladie représente en fait la dégénérescence du système immunitaire. Depuis le début de l’épidémie, trois modes de transmission ont été observés :
transmission par la voie sexuelle.
transmission par la voie sanguine.
transmission de la mère à l’enfant pendant la naissance.
Les protéines que l'on suppose être des anticorps au virus ont été retrouvées dans la salive, les larmes, les urines, mais en raison de leur faible concentration dans ces liquides biologiques, le risque de transmissibilité est considéré comme nul.
La transmission par voie sexuelle. La plupart des infections par le VIH ont été ou sont encore acquises à l’occasion de rapports sexuels nonprotégés. La transmission sexuelle se fait par contact entre les sécrétions sexuelles (ou du sang contaminé par le virus) et les muqueusesrectale, génitale ou buccale.
La transmission par voie sanguine. Ce mode de contamination concerne tout particulièrement les usagers de drogues injectables, leshémophiles et les transfusés. Les professionnels de santé (soins infirmiers, laboratoires) sont aussi concernés, bien que plus rarement. Il ne faut pas négliger les risques de contamination par aiguilles souillées et non ou mal désinfectées (tatouages).
La transmission mère-enfant. La transmission du virus de la mère à l’enfant peut survenir in utero dans les dernières semaines de la grossesse, et au moment de l’accouchement. L’allaitement présente aussi un risque de contamination du bébé, de l’ordre de 5 %, ce qui explique qu’il soit déconseillé en cas d’infection de la mère. Cependant, une récente étude, menée par PJ. Illif & al. au Zimbabwe, montre que l'allaitement exclusif précoce réduit le risque de transmission postnatale et accroît la survie des enfants. En l’absence de traitement, le taux de transmission, entre la mère et le fœtus, avoisine les 20 %. Actuellement, les traitements disponibles alliés éventuellement à une césarienneprogrammée ont réduit ce taux à 1 %. En Afrique, l'utilisation de la Névirapine n'a pas permis l'obtention des résultats espérés, et une étude de Quaghebeur & al. montre au contraire une absence notable d'efficacité de ce traitement.
Dans les pays ayant accès aux traitements antirétroviraux, la prise en charge de l’infection par le VIH est désormais celle d’une maladie au long court. Les trithérapies antirétrovirales ont considérablement réduit la mortalité et la morbidité de l’infection à VIH. En contrepartie ont émergé d’autres problématiques liées aux complications des traitements eux-mêmes (lipodystrophie, accroissement du risque cardio-vasculaire, troubles glucido-lipidiques, pathologie mitochondriale), ou des problèmes d’échappement puis d’échec immunovirologique, liés à la question de l’observance.
Cette situation privilégiée d’accès aux traitements ne concerne que les pays riches qui peuvent assurer la prise en charge financière de ces thérapeutiques. Dans les pays en développement, plus de 95 % des patients (soit environ 40 millions de personnes) ne bénéficient aujourd’hui d’aucun traitement efficace.
Le VIH est étroitement lié aux virus entraînant des maladies semblables au sida, chez les primates, et il est possible que le virus VIH ait été transféré de l’animal à l’homme au début du XXe siècle, bien que certains indices montrent que dans certains cas isolés, ce transfert se serait produit plus tôt. La source animale ainsi que l’époque et le lieu exacts du premier transfert (ou des premiers transferts) ne sont pas connus. Un virus presque identique au VIH a été identifié chez des chimpanzés ; toutefois, rien ne permet d’affirmer que le transfert se soit fait des chimpanzés vers les humains, ni que les humains et les chimpanzés aient été infectés par une troisième source. Les études scientifiques ont suggéré que le virus serait apparu initialement en Afrique de l’Ouest, mais il est possible qu’il y ait eu plusieurs sources initiales distinctes, y compris en Amérique du Sud. Le premier exemplaire de virus VIH fut recueilli en 1959 dans l’actuelle République démocratique du Congo. Parmi les premiers échantillons recueillis, on compte également le cas d’un Américain homosexuel en 1969, et d’un marin hétérosexuelnorvégien en 1976.
Edward Hooper attribue l'origine du sida aux vaccins anti-polio, ou plutôt aux méthodes de vaccination contre la poliomyélite employées notamment au Congo. Cette thèse reste très largement récusée par les communautés scientifique et pharmaceutique.
Au début des années 1980, le sida s’est fortement répandu dans le milieu homosexuel, puis chez les toxicomanes en raison de leurs pratiques à haut risque de transmission du virus (respectivement, la sodomie et les échanges de seringues). L’origine virale n’a pas été d’emblée évoquée et l’hypothèse d’une intoxication par des produits comme les poppers (stimulant sexuel contenant du nitrite d’amyle) a pu être émise au début, car les six premières personnes malades en avaient toutes été de gros consommateurs. De même, l’identification du virus responsable a été difficile, beaucoup de scientifiques parlant d’HTLV comme cause de l’épidémie. S’emparant de la découverte, la presse a commencé par désigner le virus par la périphrase de « cancer gay », avant de revenir sur ce préjugé. C’est à la même période que de nombreux transfusés (notamment en France) sont contaminés par des lots de sang contenant le virus VIH. En quelques années, le virus va s’étendre pour finir par toucher toutes les couches de la population. Seules les campagnes d’information sur les comportements à risque, les méthodes de propagation de la maladie et surtout les moyens de protection permettront aux pays développés d’enrayer la progression (sans toutefois pouvoir la bloquer). La prise de conscience générale doit aux populations homosexuelles son déploiement rapide ; en effet, de nombreux mouvements, tels que celui d’Act Up, et des vedettes internationales ont forcé la visibilité, incitant les dirigeants politiques à engager de véritables recherches scientifiques.
C’est aujourd’hui principalement les pays en voie de développement qui font les frais de ce virus qui fait des ravages au sein de certaines populations. Les raisons sont multiples et varient d’un pays à l’autre : tourisme sexuel pour l’Asie du Sud-Est, culture valorisant le nomadisme sexuel et la polysexualité (Europe), absence d’information de la population sur les facteurs de risque de transmission (notamment en Afrique), manque de moyens ou de volonté pour faire de la prévention et informer les populations, voire refus d’admettre les faits. Certains estiment que les convictions religieuses interdisant l’utilisation des moyens de protection tels que le préservatif sont aussi en cause, même si ces convictions impliquent bien plus fortement la fidélité ou l’abstinence, moyens qui, lorsqu'ils sont appliqués scrupuleusement, constituent des freins plus puissants que le préservatif à la diffusion du VIH.
L’infection par le VIH
Le VIH détruit le système immunitaire en infectant les lymphocytes T CD4+, et en conduisant à leur destruction accélérée. En l’absence de traitement, la quasi totalité des patients infectés par le VIH évolue vers le sida, phase ultime de la maladie.
Il existe deux classifications pour décrire la progression de l’infection VIH, basées sur les manifestations cliniques et les anomalies biologiques
Classification en stades cliniques proposée par l’OMS
Stade clinique 1 :
Patient asymptomatique.
Adénopathies persistantes généralisées.
Stade clinique 2 :
Perte de poids inférieure à 10 % du poids corporel.
Manifestations cutanéomuqueuses mineures (dermite séborrhéique, ulcérations buccales récurrentes).
Zona au cours des 5 dernières années.
Infections récidivantes des voies respiratoires supérieures.
Stade clinique 3 :
Perte de poids supérieure à 10 % du poids corporel.
Diarrhée chronique inexpliquée pendant plus d’un mois.
Fièvre prolongée inexpliquée pendant plus d’un mois.
Candidose buccale (muguet).
Leucoplasie chevelue buccale.
Tuberculose pulmonaire dans l’année précédente.
Infections bactériennes sévères (pneumopathies par exemple).
Stade clinique 4 :
Pneumocystose.
Toxoplasmose cérébrale.
Maladie de Kaposi.
Lymphome.
Mycobactériose atypique généralisée, et plus généralement toute affection grave apparaissant chez un patient infecté par le VIH, ayant une baisse importante de son immunité (taux de CD4 inférieur à 200/mm³).
Les traitements
Il n'y a pas à l'heure actuelle de traitement permettant de guérir du sida, malgré l'existence de traitements comme les trithérapies rétrovirales qui permettent de contenir l'action du virus avec plus ou moins d'efficacité ; on dénombre de nombreux morts chaque jour en particulier dans letiers monde où ces traitements sont difficilement accessibles. Des recherches continuent pour la mise au point d’un vaccin, mais les progrès dans ce domaine sont très lents. Pour les traitements disponibles et en cours d’expérimentation, voir l’article sur le virus VIH.Les traitements ne doivent pas être pris dès le début de la séropositivité, car ils ont de nombreux effets secondaires, à court et moyen terme. La prise ne débute que lorsque le médecin le juge nécessaire, en évaluant cette nécessité sur les bilans sanguins effectués et notamment le rapport Charge virale/Taux de CD4. Une fois le traitement débuté, il doit être poursuivi à vie, avec une très grande régularité (car une pause pendant le traitement peut rendre le virus « résistant »).
Les multithérapies ont de nombreux effets secondaires à court terme, mais qui s'atténuent habituellement au cours du traitement. Il s'agit principalement de fatigue, de maux de tête et de troubles digestifs (nausées, diarrhées), parfois de fièvre ou de plaques rouges sur la peau. Certains effets secondaires n'apparaissent qu'après plusieurs mois de traitement, comme une lipodystrophie (graisse disparaissant du visage pour aller sur le ventre pour les hommes et les cuisses pour les femmes), ou des problèmes liés à l'augmentation des graisses dans le sang (cholestérol, triglycérides) ou à une mauvaise assimilation du sucre.Les risques de transmission mère enfant sont de 20 % à 40 %. À l’aide d’un traitement préventif, le risque de transmission peut être considérablement réduit. Un traitement antirétroviral associé à la césarienne et à l’allaitement artificiel permet de réduire le risque de transmission à moins de 1 %. La durée courte du travail et le délai court de prise en charge après la rupture de la poche des eaux sont des facteurs de protection contre la transmission maternofoetale

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