jeudi 14 avril 2011

Répartition de la population, urbanisation, habitat et environnement

Urbanisation et répartition de la population urbaine au Maroc Evolution de la population urbaine La population urbaine au Maroc n’a pas cessé d’augmenter, au cours des quarante dernières années. Son effectif est passé de 3,4 millions d’habitants en 1960, à 5,4 millions d’habitants en 1971, puis 8,7 millions d’habitants en 1982 et 13,4 millions d’habitants en 1994. Il serait de l’ordre de 17,2 millions d’habitant en 2003. Cette situation se traduit par l’augmentation de la part de la population urbaine par rapport à l’ensemble de la population du Royaume en passant de 29,2% en 1960, à 35% en 1971, à 42,7% en 1982, à 51,4% en 1994, et à 57% en 2003. L’exode rural serait, entre autres, l’un des principaux mécanismes de cette urbanisation massive. Cette attraction, exercée par les espaces urbains en particulier par les grandes agglomérations, a donné aux espaces urbains une place de choix dans l’accroissement global. Cette situation s’est traduite par l’émergence de plusieurs petits centres urbains et par l’extension rapide, souvent anarchique, des espaces des grandes villes. C’est ainsi que la concentration du phénomène urbain concourt au renforcement des densités de population déjà très élevées, au niveau de la bande côtière Kénitra-Casablanca. Cependant, cette suprématie de l’axe atlantique n’a pas empêché l’éclosion de nombreux petits centres urbains sur tout l’espace national. Dans le cadre d’une politique de déconcentration et de décentralisation, l’Etat a favorisé l’émergence des centres dans des espaces reculés, en créant de nombreux services administratifs et des équipements socio-économiques. Les régions du Grand Casablanca, Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et Tanger-Tétouan, comptent actuellement plus de quatre urbains sur dix. Le poids démographique des autres régions oscille entre 7% à 0,2%. Cette situation cache de remarquables variations d’une région à l’autre. La région de Souss-Massa-Draa est devenue la région la plus dynamique. D’autre part, celle de Casablanca, longtemps considérée comme le cœur dynamique de l’urbanisation, n’est pas le seul pôle attractif du pays, malgré son poids démographique prépondérant. On trouve, en dernière position, les régions de Taza-Al Hoceima-Taounate et Marrakech-Tensift-Al Haouz, qui connaissent une re-dynamisation urbaine non négligeable. La multiplication des centres urbains est une réalité qui se confirme. En effet, même les espaces arides et les plus étranges jadis au mouvement d’urbanisation, étoffent leur trame urbaine ou connaissent au fil des années une urbanisation naissante. Bien que le maillage urbain des espaces du nord-ouest du pays demeure moins dense, le mouvement de « déruralisation » et de désenclavement de la campagne n’est plus un mythe. La concentration la plus frappante est celle de la chaîne urbaine atlantique, aussi bien du point de vue de la taille des villes que celui de leur poids démographique. Elle compte 17 villes, avec une agglomération de presque 3 millions habitants (Casablanca), deux villes de plus de 500.000 habitants) (Rabat et Salé), et trois villes de plus de 100.000 habitants (Mohammedia, Kénitra et Témara) ainsi que de nombreuses petites villes et douars qui s’égrenant tout au long de la côte[1]. L’autre groupement relativement récent est celui du piémont avec quelques villes du plateau des phosphates articulé autour de Béni Mellal et de Khouribga présentant une trame urbaine relativement serrée. Les transformations socio-économiques et culturelles de cet espace favorisées par l’extraction du phosphate et la modernisation relative du secteur agricole, en particulier dans la région de Béni Mellal, sont autant d’éléments-clés pour comprendre cette situation. Mais on ne peut omettre l’essoufflement actuel de la densification de cette trame. La ville de Béni Mellal, et plus encore la ville de Khouribga, ont enregistré les taux d’accroissement les plus faibles au Maroc. Dans les plaines et les plateaux situés entre la région de la Chaouia et les limites du pays de Souss, la trame urbaine est moins dense. Hormis la ville de Safi, de Marrakech et d’Essaouira, l’armature urbaine de ces espaces est constituée essentiellement de petits centres. La tendance à une urbanisation linéaire suivant les principaux axes routiers est renforcée par la loi d’urbanisme de 1992. Marrakech, quant à elle, présente une situation atypique. Unique grande ville de la région capable de polariser son espace limitrophe, grâce à son poids historique et économique, elle n’a laissé se développer aucune grande ville dans son voisinage. Le Souss fait exception dans la région du Sud, car il est caractérisé par une forte densité rurale accompagnée d’une urbanisation accélérée. Au-delà de l’extension du périmètre irrigué et du développement de l’agriculture spéculative orientée en grande partie vers l’exportation, la migration internationale et le site géographique ont joué un rôle important dans la modernisation et l’émergence des espaces urbains de cette région. Malgré la baisse des taux d’accroissement annuel moyen observée au Maroc, l’agglomération d’Agadir se distingue des autres grandes villes du pays, enregistrant le taux d’accroissement annuel le plus élevé après Témara, soit respectivement 6,3% et 8%. De même, cette région a connu l’émergence et le développement de centres urbains sans équivalent dans les autres espaces du Maroc durant cette dernière décennie. Selon les données du dernier recensement, les bassins migratoires des villes de cette région sont considérés comme les plus denses et surtout les plus étendus du Maroc après Casablanca. On note aussi qu’un triangle remarquable constitué des villes de différentes tailles s’étend de Bouarfa à Laâyoune. L’importance géopolitique du site et la densité des interventions administratives sont les principaux facteurs d’impulsion de ces centres. A l’extrême nord-ouest, la trame urbaine semble en plein essor. Les villes de la péninsule tingitane sont dominées depuis longtemps par le binôme Tanger-Tétouan. Cependant, la promotion des centres urbains, et le renforcement administratif au sein de cette région ont contribué à l’émergence d’autres villes (Larache, Ksar El Kébir, Assilah), réduisant ainsi la prépondérance des deux grandes villes. Enfin, la nébuleuse de la région du nord-est s’articula autour d’Oujda-Berkane d’une part, et Nador et les villes qui l’entourent d’autre part, est devenue une trame relativement dense. Elle peut être considérée comme un groupement appelé à s’intensifier dans les années à venir.
[1] Ces données issues du RGPH de 1994.

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