Urbanisation et répartition de la population urbaine au Maroc Evolution de la population urbaine La population urbaine au Maroc n’a pas cessé d’augmenter, au cours des quarante dernières années. Son effectif est passé de 3,4 millions d’habitants en 1960, à 5,4 millions d’habitants en 1971, puis 8,7 millions d’habitants en 1982 et 13,4 millions d’habitants en 1994. Il serait de l’ordre de 17,2 millions d’habitant en 2003. Cette situation se traduit par l’augmentation de la part de la population urbaine par rapport à l’ensemble de la population du Royaume en passant de 29,2% en 1960, à 35% en 1971, à 42,7% en 1982, à 51,4% en 1994, et à 57% en 2003. L’exode rural serait, entre autres, l’un des principaux mécanismes de cette urbanisation massive. Cette attraction, exercée par les espaces urbains en particulier par les grandes agglomérations, a donné aux espaces urbains une place de choix dans l’accroissement global. Cette situation s’est traduite par l’émergence de plusieurs petits centres urbains et par l’extension rapide, souvent anarchique, des espaces des grandes villes. C’est ainsi que la concentration du phénomène urbain concourt au renforcement des densités de population déjà très élevées, au niveau de la bande côtière Kénitra-Casablanca. Cependant, cette suprématie de l’axe atlantique n’a pas empêché l’éclosion de nombreux petits centres urbains sur tout l’espace national. Dans le cadre d’une politique de déconcentration et de décentralisation, l’Etat a favorisé l’émergence des centres dans des espaces reculés, en créant de nombreux services administratifs et des équipements socio-économiques. Les régions du Grand Casablanca, Rabat-Salé-Zemmour-Zaer et Tanger-Tétouan, comptent actuellement plus de quatre urbains sur dix. Le poids démographique des autres régions oscille entre 7% à 0,2%. Cette situation cache de remarquables variations d’une région à l’autre. La région de Souss-Massa-Draa est devenue la région la plus dynamique. D’autre part, celle de Casablanca, longtemps considérée comme le cœur dynamique de l’urbanisation, n’est pas le seul pôle attractif du pays, malgré son poids démographique prépondérant. On trouve, en dernière position, les régions de Taza-Al Hoceima-Taounate et Marrakech-Tensift-Al Haouz, qui connaissent une re-dynamisation urbaine non négligeable. La multiplication des centres urbains est une réalité qui se confirme. En effet, même les espaces arides et les plus étranges jadis au mouvement d’urbanisation, étoffent leur trame urbaine ou connaissent au fil des années une urbanisation naissante. Bien que le maillage urbain des espaces du nord-ouest du pays demeure moins dense, le mouvement de « déruralisation » et de désenclavement de la campagne n’est plus un mythe. La concentration la plus frappante est celle de la chaîne urbaine atlantique, aussi bien du point de vue de la taille des villes que celui de leur poids démographique. Elle compte 17 villes, avec une agglomération de presque 3 millions habitants (Casablanca), deux villes de plus de 500.000 habitants) (Rabat et Salé), et trois villes de plus de 100.000 habitants (Mohammedia, Kénitra et Témara) ainsi que de nombreuses petites villes et douars qui s’égrenant tout au long de la côte[1]. L’autre groupement relativement récent est celui du piémont avec quelques villes du plateau des phosphates articulé autour de Béni Mellal et de Khouribga présentant une trame urbaine relativement serrée. Les transformations socio-économiques et culturelles de cet espace favorisées par l’extraction du phosphate et la modernisation relative du secteur agricole, en particulier dans la région de Béni Mellal, sont autant d’éléments-clés pour comprendre cette situation. Mais on ne peut omettre l’essoufflement actuel de la densification de cette trame. La ville de Béni Mellal, et plus encore la ville de Khouribga, ont enregistré les taux d’accroissement les plus faibles au Maroc. Dans les plaines et les plateaux situés entre la région de
[1] Ces données issues du RGPH de 1994.
jeudi 14 avril 2011
Répartition de la population, urbanisation, habitat et environnement
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